Le mot de la présidente

Le paritarisme, en danger

 

Les dernières actualités laissent planer un doute sur l’avenir du paritarisme ; mais qu’en est-il exactement du paritarisme ?

Le paritarisme fait référence à un système dans lequel les partenaires sociaux, tels que les syndicats de salariés et les organisations patronales négocient et gèrent ensemble certaines questions sociales et économiques, comme la protection sociale.

Ce système est souvent utilisé pour prendre des décisions et mettre en place des politiques qui affectent les salariés et les employeurs.

Prenons par exemple la réforme de l’assurance chômage, qui est un sujet complexe et en évolution constante. Les réformes récentes ont introduit des changements dans les règles d’indemnisation du chômage, notamment en ce qui concerne la durée d’indemnisation et les modalités de calcul des allocations.

Or les relations sont très tendues entre l’exécutif et les partenaires sociaux ; et la volonté du Premier Ministre de donner un tour de vis sur l’assurance chômage ne va pas arranger les choses. De quoi tendre encore plus les relations alors que du côté de la plupart des partenaires sociaux on sent déjà une rupture depuis que Gabriel Attal a succédé à Elizabeth Borne à Matignon.

François Hommeril, président de la CFE-CGC, est celui qui va le plus loin :

« On a en face de nous un gouvernement qui n’a jamais été aussi radical dans sa volonté de gouverner de façon totalement verticale », regrette-t-il.

Dernièrement, le 1er Ministre a réuni l’ensemble du gouvernement pour un séminaire consacré au travail. Au menu : la réforme de l’assurance chômage et la durée d’indemnisation. Les responsables des 5 grandes organisations syndicales avaient appelé le 18 mars à renoncer à une nouvelle réforme et « à cesser la stigmatisation populiste des chômeurs ». « Le but non assumé par le Gouvernement est bien sûr de faire des économies, pas de créer de l’emploi » ont écrit, dans la presse, les responsables syndicaux dont le président de la CFE-CGC.

L’impact positif des réductions successives des droits à l’assurance chômage sur le marché de l’emploi n’est pas prouvé. Les chômeurs sont contraints d’accepter des emplois plus précaires et l’insertion n’est pas durable ;

Nous voyons bien la volonté du Gouvernement de remettre en cause le paritarisme.

Pourtant nous sommes les mieux à même, salariés et employeurs, de savoir ce qu’il convient de faire s’agissant du monde du travail et de l’entreprise.

D’ailleurs le système a fait ses preuves en alliant syndicats et patronats dans la gestion et les évolutions de pans importants de notre modèle social.